Le PSOE présentera ce vendredi au Congrès le projet de loi visant à réformer la loi dite du bâillon. Il le fera avec les signatures d'ERC, PNV et EH Bildu, même si ces derniers seront ceux qui porteront le drapeau d'une revendication classique des forces progressistes et transversale à tous les partenaires. Les négociations ont eu lieu avec différents groupes, mais ce sont les Abertzales qui ont obtenu l'accord des socialistes – ou à qui il a été accordé – pour abroger certains des articles qu'ils considèrent les plus nocifs, comme l'utilisation de balles en caoutchouc ou les délits pour désobéissance à l'autorité, à laquelle ils ont résisté jusqu'à présent. UN concession à EH Bildu qui a mis à rude épreuve les autres partenairesprincipalement le PNV. Son porte-parole, Aitor Esteban, a critiqué le fait que l'accord lui ait été communiqué quelques instants seulement avant qu'il soit rendu public et a regretté « la dynamique de cette législature ».
Face à ces tensions, auxquelles Podemos s'est associé en considérant le pacte comme insuffisant, l'Exécutif s'engage à équilibrer la répartition des transferts. Au PSOE, on est conscient qu'il faut recomposer le puzzle de l'investiture pour aplanir les budgets et satisfaire tout le monde, même au prix d'assumer une augmentation du prix du soutien due à la spirale concurrentielle. Tout cela en l'absence de l'élément fondamental de Ensembleil attendra donc pour présenter les comptes après son congrès.
Les post-convergents, par ailleurs, évitent à tout prix dès le début de la législature de s'encadrer au sein d'un bloc et exigent de négocier loi par loi. Ainsi, après l'accord entre le gouvernement et Bildu, ils ont annoncé que « depuis Ensemble « Nous négocions, nous ne faisons pas d'adhésions. ». En même temps, ils ont dédaigné le fait que « ce qui est valable pour le PSOE est également valable pour le reste des partis politiques ».
Dans ce contexte, le Gouvernement, par l'intermédiaire du ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolañosa également accéléré les négociations pour débloquer la réforme de la loi sur les secrets officiels, réservée aux nationalistes basques. Le PNV lutte depuis des années avec cette initiative et c'était le premier projet de loi qu'il enregistrait au début de la législature. L’accord pour débloquer cette norme, en acceptant les amendements en commission, est un « engagement » qui a été inclus dans le plan de régénération démocratique et sur lequel les socialistes assurent que « un travail est en cours pour avancer ».
Du PNV, ils font appel à la discrétion dans ces conversations et encadrent la relation avec l'Exécutif dans la « normalité », même si leur concurrence avec EH Bildu est notoire et ce jeudi ils ont laissé sentir la pression en montrant publiquement leur surprise d'avoir cédé les abertzales le drapeau de la loi du bâillon. Déjà lors de la dernière législature, les nationalistes basques ont prolongé les négociations avec le gouvernement et les revendications se sont multipliées pour apporter leur soutien aux budgets 2022 parce que EH Bildu avait avancé son accord avec les socialistes.
Pouvoir de veto en matière fiscale
Le gouvernement central et l'exécutif basque tiendront en octobre prochain une commission bilatérale pour promouvoir de nouveaux transferts. Le PNV demande qu'avant la fin de l'année, coïncidant avec les budgets, au moins une demi-douzaine de près: aménagement côtier, sauvetage maritime, météorologie, centre de vérification des machines, autorisation de travail pour les étrangers et fonds de protection des films.
En ce qui concerne la fiscalité, le gouvernement part du principe que toute réforme fiscale doit être convenue avec Sabin Etxea, ainsi qu'avec Junts. Surtout lorsqu’il s’agit de réformer des taxes extraordinaires sur les sociétés bancaires ou énergétiques. Sous cet argument, certaines des propositions de ses partenaires de coalition ont été rejetées, comme l'élimination du Exonération de TVA pour l'enseignement privé et les soins de santé.
Des gestes pour être ensemble
Dans le jeu de l'équilibre, Pedro Sánchez décante ses transferts vers ERC et EH Bildu avec une orientation plus sociale et PNV et Junts avec un moins cher. Une nouvelle trajectoire de déficit est en cours de négociation avec les post-convergents, nécessaire à la préparation des Budgets. Junts exige que le déficit des communautés autonomes soit porté à un tiers du total. Un pourcentage que le gouvernement a déjà rejeté et tente de trouver une position intermédiaire.
La négociation des budgets sera la prochaine étape. Pendant ce temps, les gestes en direction des post-convergents ont été redoublés pour faire avancer les engagements en cours. De la promotion du catalan dans l'UE au lancement des commissions d'enquête sur la soi-disant opération Catalogne et les attentats jihadistes de Barcelone et Cambrils, en passant par l'acceptation de la demande de déclassification des documents du Centre national de renseignement (CNI). Tous deux engagés auprès de Junts et rangé dans un tiroir depuis mars dernier.