La motion de censure contre François Bayrou échoue et fracture la gauche française

Échoue le motion de censure contre le Premier ministre français, François Bayrouprésenté par La France rebelle et soutenu par les écologistes et les communistes. Il s'agit du premier défi parlementaire auquel est confronté le nouveau chef de l'Exécutif, arrivé au pouvoir après son prédécesseur, Michel Barniera été censuré en un temps record.

Ce jeudi à 18 heures, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Braun Pivet, a annoncé devant une salle presque vide que la motion était rejetée. Il fallait un minimum de 288 voix et l'initiative insumiso n'a obtenu que 131 voix. Contrairement à la précédente, cette motion avait peu de chances d'aboutir, puisque le Parti socialiste A la dernière minute, il a décidé de ne pas le soutenir, même s'il « reste dans l'opposition », et l'extrême droite de Marine Le Penni l'un ni l'autre.

Un répit pour Bayrou, mais un souci de plus pour lui Nouveau Front populairele syndicat de gauche créé pour lutter contre l'extrême droite lors des précédentes élections législatives, qui reste plus fissuré que jamais après des divergences internes au moment de soutenir cette motion. De la 66 députés du parti rose, au moins 8 ont voté pour la censure de Bayrouignorant la volonté de la majorité du parti, qui a préféré accorder un vote de confiance au nouvel exécutif. Il n’y a pas que les socialistes aussi deux députés écologistes et un communiste n'ont pas voté la censure.

La gauche, contre les cordes

« Le Parti socialiste s'est isolé du Nouveau Front populaire », a déclaré la députée insoumise Mathilde Panot, dès que le résultat du vote a été connu. Son parti avait déjà menacé cette semaine d'exclure du syndicat de gauche ceux qui ne soutiendraient pas la motion, ouvrant ainsi une nouvelle crise dans la coalition.

Les socialistes savaient que la décision était pour le moins délicate et qu’elle pouvait générer des désaccords non seulement au sein du Nouveau Front populaire, mais aussi au sein du parti lui-même. C'est pourquoi, dès le matin, la formation s'est réunie en « conclave » pour évaluer les concessions du premier ministre, s'ouvrant à une modification du réforme des retraites et ainsi décider s'ils ont accepté un engagement de « non-censure » avec le nouvel exécutif.

Enfin, le leader socialiste Olivier Faure a annoncé quelques minutes avant le début de la session parlementaire qu'il ne voterait pas pour, car il veut éviter « de pratiquer la politique du pire, car elle peut conduire à la pire des politiques, c'est-à-dire à l'arrivée de l'extrême droite ». Une décision qui a immédiatement généré des désaccords et qui pourrait conduire la gauche à pause totale.

La fin du Nouveau Front Populaire

Depuis sa création, le Nouveau Front Populaire a présenté d'importantes fissures que les partis ont réussi à contenir au cours de ces mois, grâce à la volonté de bloquer l'extrême droite du Marine Le Penmais en décembre dernier, ces fissures ont commencé à s’accentuer.

L'obsession de La Francia Insumisa pour renverser tout gouvernement Macron et ainsi affaiblir le président en le conduisant à son démission Cela ne convainc pas les socialistes, qui ont choisi dès le début d'offrir un vote de confiance au gouvernement Bayrou.

Un effet « boomerang » pour une gauche qui marche une fois de plus sur la corde raide. « Les socialistes se sont ridiculisés et ont terni la crédibilité du Nouveau Front Populaire. (…) La vie politique est binaire : si nous ne votons pas la censure, nous soutenons le Gouvernement », a déclaré le coordinateur national des insumisos. , Manuel Bompard.

Selon une enquête menée par Élabéseulement 32% des électeurs socialistes soutiennent l'idée de la motion de censureet 74% d'entre eux considèrent que Faure a raison d'« exiger de François Bayrou cet engagement de rouvrir le débat sur la réforme des retraites ». Justement, c'était une des conditions des socialistes pour ne pas voter sur la motion et il semble que les pressions aient fonctionné des deux côtés : Bayrou ouvrira une table de négociation avec les acteurs sociaux pour débattre d'une éventuelle modification de la réforme des retraites approuvée en 2023.

Malgré le répit, les défis du gouvernement Bayrou ne sont pas terminés. Il devra désormais affronter les budgets 2025, sous la menace persistante d’une nouvelle censure s’il ne tient pas ses promesses.