L'Espagne est déjà le troisième plus grand marché de commerce électronique en Europe

Jusqu'à 6% du PIB espagnol en 2024 peut s'expliquer par la contribution du commerce électronique B2C (entreprise à consommateur ou « business to consumer »), auquel participent déjà 91 % des consommateurs. Un marché qui, depuis la pandémie, n’a cessé de croître et qui a progressé l’année dernière de 13% par rapport à 2023, soit presque le double de la moyenne européenne. Au total, le secteur a déplacé 95,2 milliards d'euros, un chiffre qui, pour la première fois, n'est dépassé que par la France et le Royaume-Uni.

Telles sont les principales conclusions du rapport conjoint préparé par Ecommerce Europe et EuroCommerce, en collaboration avec l'Association espagnole de l'économie numérique (Adigital), publié il y a quelques jours. Comme le souligne le document, l’Espagne est l’un des moteurs du commerce en ligne européen et confirme que le boom amorcé pendant la COVID n’était pas une mode passagère, mais une transformation structurelle.

Une décennie en quelques mois

La pandémie a effectivement joué un rôle d’accélérateur. Des plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress, qui représentent aujourd'hui 34 % des transactions en ligne, ont fait irruption sur un marché jusqu'alors dominé par des firmes nationales et européennes. « En 2021, les chiffres initialement attendus pour 2028 ont été atteints », a expliqué Cristian Oller, professeur de logistique à l'UOC, à EL PERIÓDICO. Selon l’expert, le confinement et la digitalisation soudaine « ont fait avancer dix années d’évolution en quelques mois seulement ». Depuis, la tendance ne s’est pas arrêtée.

Désormais, « le e-commerce connaît une nouvelle phase », explique César Tello, directeur général d'Adigital. Parmi les tendances qui se développent le plus, l'expert en souligne trois : le paiement mobile instantané, devenu l'option privilégiée des utilisateurs ; l’essor du commerce de seconde main et circulaire, motivé par la conscience environnementale et les économies ; et le live-shopping, une modalité dans laquelle des influenceurs ou des vendeurs présentent des produits en direct via les réseaux sociaux.

Ces phénomènes ont transformé non seulement la façon dont les gens achètent, mais aussi la manière dont les marques communiquent avec leurs clients. De plus en plus d’entreprises misent sur des expériences numériques personnalisées, un service client automatisé et des expéditions plus durables pour fidéliser un public exigeant et diversifié.

Sur l’ensemble du continent, le chiffre d’affaires du e-commerce B2C a atteint 819 milliards d’euros en 2024, soit une croissance interannuelle de 7% contre 765 milliards d’euros l’année précédente. D’ici 2025, ce chiffre devrait atteindre 875 milliards d’euros.

Le secteur a contribué à hauteur de 3,56 % au PIB européen, même si le leadership se situe dans le sud de l'Europe, où la contribution du commerce électronique s'élève à 4,2 % du PIB régional. Ils sont suivis par l'Europe de l'Ouest (3,6%), le Nord (3,4%) et l'Est (2,2%). L'Espagne, avec l'Italie et le Portugal, est devenue l'une des régions les plus dynamiques du continent.

Technologie, commodité et politiques publiques

Les facteurs à l'origine de cette croissance comprennent la préférence des consommateurs pour la commodité, la personnalisation des offres et l'accès à une gamme plus large de produits et de services. À cela s’ajoute l’investissement constant des entreprises dans la technologie, qui a optimisé la logistique, le marketing numérique et les moyens de paiement.

Les politiques publiques européennes ont également joué un rôle important, en promouvant la numérisation des PME et en renforçant la compétitivité du tissu économique. Ainsi, des initiatives visant à soutenir la transition numérique ou à améliorer les infrastructures de télécommunications ont permis aux petites et moyennes entreprises de se lancer dans le commerce en ligne sans obstacles majeurs.

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