L'UE approuve un nouveau paquet de sanctions contre la Russie pour faire pression sur Poutine pour qu'il négocie

Les vingt-sept gouvernements de l'Union européenne ont approuvé jeudi le dix-neuvième paquet de sanctions contre la Russie depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, avant de rencontrer le président Volodomir Zelensky, qui comprend nos mesures contre le secteur financier et énergétique, ainsi que des restrictions à la liberté de mouvement des diplomates russes.

Quelques heures seulement après que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé des sanctions contre deux majors pétrolières russes, l'UE franchit une nouvelle étape dans ses mesures contre le Kremlin. Après que le président Donald Trump a annulé son éventuelle rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine et compte tenu de l’absence de progrès dans les contacts diplomatiques, Washington et Bruxelles ont choisi d’accroître la pression sur Moscou. Des sources communautaires reconnaissent que le niveau de coordination avec la Maison Blanche a été renforcé ces dernières semaines, précisément à l'initiative des États-Unis.

« Malgré les grandes attentes générées par les initiatives du président Trump, il est aujourd'hui clair que, malheureusement, ces initiatives ne sont pas à la hauteur de la bonne volonté du président (russe Vladimir) Poutine », a déclaré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à son arrivée au sommet qui se tient ce jeudi à Bruxelles. En réponse, « nous avons déjà approuvé ce matin le dix-neuvième paquet de sanctions, dirigé contre la flotte fantôme, le secteur bancaire et le secteur énergétique de la Russie », a annoncé Costa.

Un ensemble de sanctions que le président ukrainien Volodomir Zelensky a qualifié de « cruciales », aux côtés des mesures également approuvées par les États-Unis dans le secteur énergétique. Il l'a également fait depuis Bruxelles, où il doit rencontrer les dirigeants de l'Union européenne. « Nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette fin à cette guerre. La pression signifie des sanctions, des missiles à longue portée, une défense aérienne et, bien sûr, un soutien financier », a déclaré Zelensky.

Fini le gaz

Selon des sources au sein de la présidence danoise, le nouveau paquet de sanctions comprend une interdiction progressive des importations de gaz naturel liquéfié. Ce veto entrera en vigueur dans six mois pour les contrats de courte durée et sera applicable à partir du 1er janvier 2027 pour les contrats de longue durée. Cela s'ajoute au projet de la Commission visant à mettre fin aux importations d'énergie d'ici 2028. En outre, elle impose davantage de sanctions aux raffineries des pays tiers.

Le texte renforce également l'interdiction des transactions avec deux grandes compagnies pétrolières russes et allonge la liste des navires de la « flotte fantôme ». Ce terme désigne les navires battant pavillon d’un pays tiers que la Russie utilise pour échapper aux sanctions. L'UE inclut entre autres dans les sanctions Moyen-Orient DMCC, une société basée aux Émirats arabes unis, qui assiste Lukoil.

Les mesures sont également renforcées à l'égard des ports des pays tiers. L’objectif est de sanctionner ceux qui peuvent servir à transporter des armes ou à échapper aux sanctions, notamment pour le transport illicite de pétrole.

Économie et commerce

Dans le domaine financier, l'UE interdit les transactions avec cinq nouvelles banques russes. De plus, il cible pour la première fois le secteur des cryptomonnaies, interdisant ce service aux résidents, ressortissants ou entités russes. En outre, elle cible également les banques de pays tiers, notamment au Tadjikistan, au Kirghizistan, au Paraguay, aux Émirats arabes unis et à Hong Kong.

L'UE élargit également la liste des entités étrangères qui contribuent à l'évasion des sanctions. On en trouve beaucoup en Chine, mais aussi en Inde ou en Thaïlande. Bruxelles les met en avant pour leur participation au développement des drones. Avec ce paquet, les Européens limitent également les services qu'ils peuvent fournir aux entités ou aux citoyens russes.

Restrictions diplomatiques

Cet ensemble de sanctions comprend également la création d'un nouveau mécanisme permettant de restreindre les mouvements des diplomates dans l'UE. Il s’agit notamment d’un système par lequel les diplomates russes devront notifier leurs déplacements. Les gouvernements qui l’envisagent peuvent imposer des modèles d’autorisation. Une mesure qui doit servir à « contrecarrer les tentatives de déstabilisation », a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

Il y a aussi quelques mesures curieuses dans ce paquet. Les Européens ont élargi la liste des personnes auxquelles ils appliquent des restrictions. Parmi les noms figure celui du recteur d’une université russe qui propose un programme dédié au développement de moyens d’échapper aux sanctions. « De cette façon, il aura l'occasion de raconter sa propre expérience à ses étudiants », a plaisanté un officier supérieur du bloc.

Les sanctions, présentées par la Commission en septembre dernier, ont été approuvées après que la Slovaquie a levé son veto. Ce nouveau paquet arrive juste à temps pour le Conseil européen de ce jeudi à Bruxelles, qui discutera de la situation en Ukraine.

Les dirigeants discuteront de ce que l’UE peut faire pour continuer à soutenir l’Ukraine. L’une des questions les plus importantes sur la table sera de savoir comment utiliser les avoirs russes gelés pour garantir un soutien économique et financier à Kiev pendant toute la durée de la guerre. Costa a insisté sur le fait qu'il espérait obtenir un soutien politique pour une mesure que la Commission devra ensuite traduire en texte juridique.

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