Un tribunal tunisien a condamné lundi par contumace l'ancien ministre Mondher Zenaidi à 19 ans de prison pour « terrorisme », dans le cadre d'une procédure ouverte contre lui pour avoir prétendument appelé à un soulèvement contre les autorités actuelles du pays africain.
La Chambre pénale spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de Tunisie a prononcé la peine contre l'homme politique, soupçonné en outre de tentative de formation « d'une bande terroriste », de « complot contre la sécurité de l'Etat » et de « tentative de changement de forme de l'Etat », selon la radio tunisienne Mosaïque FM.
Zenaidi, qui fut ministre de la Santé entre 2007 et 2011, avait dirigé les portefeuilles des Transports (1994-1996), du Commerce (1996-2001), du Tourisme (2001-2006) et encore celui du Commerce (2002-2007) entre 1994 et 2007. Ainsi, il a occupé toutes ces fonctions sous le régime de Zine el Abidine ben Ali – qui a fui le pays en janvier de la même année en raison des manifestations massives de la « Révolution du Jasmin », germe du « Printemps arabe ».
L'homme politique a présenté sa candidature à l'élection présidentielle de 2024, bien qu'il ait été disqualifié par la Haute Autorité indépendante pour les élections, bien qu'il ait remporté un appel devant le Tribunal administratif, dont les décisions sont définitives, ce qui a provoqué des critiques de la part des autorités et du président tunisien, Kais Saied.
Depuis que Saïed a limogé son Premier ministre en 2021, dissous le Parlement et assumé les pleins pouvoirs, les ONG locales et internationales ont dénoncé à plusieurs reprises le déclin des droits fondamentaux et des libertés publiques en Tunisie, notamment le recours à la législation antiterroriste pour poursuivre en justice les opposants et les critiques des autorités.