La Commission européenne a ordonné à la France lundi de récupérer 1,8 million d'euros plus d'intérêt pour l'aide publique à Ryanair, pour ses opérations à l'aéroport de Carcasona, dans le sud du pays, après avoir conclu que ce sont des subventions illégales car ils ont accordé un avantage concurrentiel à la compagnie aérienne en ce qui concerne ses concurrents.
L'affaire remonte à 2012. La Commission a ouvert une enquête pour une plainte concernant les accords entre la compagnie aérienne à faible coût et la Chambre de commerce et l'industrie de Carcassonne-Limoux-Castelnaudary. L'entité a géré l'aéroport de la région jusqu'en 2011. Au total, au cours de cette période, il a reçu environ 22 millions d'euros d'aide, principalement par les autorités locales et régionales.
Pour Bruxelles, les 11,7 millions que l'aéroport dédié à la modernisation des infrastructures était « nécessaire et proportionné » et ne déforment pas la concurrence avec d'autres aéroports de la région, comme Perpignan, Béziers ou Toulouse-Blagnac. Cela fait partie de la rémunération que l'entité générale a accordé à Ryanair ce qu'il considère illégal.
Plus de rémunération, moins de taux
Entre 2011 et 2012, le directeur de l'aéroport a conclu une série d'accords avec le marketing et la commercialisation des services aéroportuaires. Selon la commission, les accords « ont établi les tarifs de l'aéroport s'appliquaient à Ryanair, ainsi que l'engagement de la compagnie aérienne à utiliser certaines itinéraires vers Carcassone et à atteindre certains objectifs des passagers ». Au total, Ryanair a reçu 8,9 millions d'euros.
Bruxelles a déterminé ce lundi que 11 des 16 contrats signés ont violé la législation européenne. La Commission a conclu que ces accords, en pratique, ont accordé un avantage concurrentiel à la compagnie aérienne à faible coût en ce qui concerne ses concurrents. Ryanair a reçu une rémunération plus élevée pour des activités similaires, tout en payant des taux inférieurs par passager.
L'exécutif estime que l'avantage de la compagnie aérienne s'élevait à 1,8 million d'euros. La Commission a ordonné à la France de récupérer cet argent, plus d'intérêt, « sans délai ». Dans la pratique, la mesure ne constitue pas une amende mais une mesure de réparation, ce qui permet de restaurer la libre concurrence, perdant le bénéficiaire, dans ce cas Ryanair, son avantage concurrentiel.
Ryanair fera appel
La compagnie aérienne a déjà annoncé que la décision ferait appel. Dans un communiqué, Ryanair a assuré que les accords ont été conclus « dans des conditions de marché », affirmant qu'ils avaient contribué « le trafic et la connectivité » à la région. La société a également profité de l'occasion pour critiquer l'aide que la Commission a autorisé différentes entreprises pendant la pandémie accusant l'exécutif de «favoritisme».
Ryanair a pris une bonne partie de ces subventions devant la Cour de justice de l'UE, jusqu'à présent, sans trop de succès. La compagnie aérienne demande dans sa déclaration à la Commission qui récupère l'aide à ses concurrents, « au lieu de dépenser l'argent des contribuables pour des enquêtes dénuées de sens sur des accords d'aéroport il y a 25 ans ».