Ils lancent le premier robot sous-marin qui fera le tour du monde

Un planeur robot autonome fera le tour du monde dans le cadre d'une mission océanique historique – la première étape vers un avenir dans lequel une flotte mondiale de planeurs sous-marins autonomes enregistrera en permanence des données océaniques, fournissant des alertes précoces en cas d'événements météorologiques extrêmes et suivant l'impact des courants océaniques changeants.

Un véhicule robotique sous-marin baptisé Redwing est parti vendredi 10 octobre dernier de la région du Massachusetts, aux États-Unis, avec l'ambitieuse mission de devenir le premier véhicule submersible autonome capable de faire le tour de la Terre.

L'expédition est une collaboration entre la société Teledyne Marine et l'Université Rutgers : elle est conçue pour collecter des données océaniques pendant près de cinq ans, avec des escales programmées à des points tels que Gran Canaria, Cape Town, Australie, Nouvelle-Zélande et îles Falkland, selon un communiqué de presse.

Glisser dans les profondeurs

Redwing ne se déplace pas avec des hélices, mais « glisse » plutôt à travers les changements de flottabilité : il ajuste sa densité pour couler et monter selon un motif en « zigzag » qui lui permet d'avancer avec une consommation d'énergie minimale. Selon les responsables de la mission, le véhicule est composé d'un boîtier en fibre de carbone, de batteries de grande capacité et d'un design étendu, qui offrent vitesse, autonomie et possibilité de transporter plus d'instruments que les modèles précédents.

Toutes ces fonctionnalités vous permettent d'affronter de longues distances et de surmonter différents obstacles, comme les filets de pêche ou les courants forts. Le parcours prévu profite des courants océaniques pour économiser l'énergie : la première étape verra Redwing « chevaucher » le flux du Gulf Stream vers l'Europe, puis continuer vers l'Atlantique sud jusqu'au Cap, en Afrique du Sud.

De là, il traversera l'océan Indien avec des escales en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour finalement entrer dans le puissant courant circumpolaire antarctique, dans sa plus longue partie jusqu'aux Malouines. D'autres escales pourraient inclure le Brésil et les Caraïbes, avant un éventuel retour en Amérique du Nord. Les planificateurs soulignent que certaines étapes couvriront des distances de plusieurs milliers de kilomètres sans assistance humaine directe.

Comprendre en profondeur l'influence des océans

Au-delà du record, la mission a des objectifs scientifiques précis : mesurer la salinité, la température et la profondeur pour mieux comprendre comment l'océan régule le climat, influence l'intensité des ouragans et modifie la répartition de la vie marine. Redwing transmettra des données en temps réel par satellite toutes les huit à douze heures et embarque également des capteurs supplémentaires, notamment un traqueur de poissons pour détecter les animaux marqués en haute mer.

« Nous vivons sur une planète océanique : tous les temps et tous les climats sont régulés par l'océan. Cette mission nous fournira un autre outil dont nous avons besoin pour parvenir à une véritable compréhension de ces phénomènes complexes », a déclaré Oscar Schofield, l'un des responsables scientifiques de la mission, dans le communiqué.

Les chercheurs espèrent que ces informations amélioreront les modèles climatiques et les systèmes d’alerte précoce contre les événements extrêmes, jetant ainsi les bases d’une future flotte mondiale de véhicules autonomes qui surveillent en permanence l’océan. Cela aurait un impact direct sur les prévisions météorologiques, la recherche climatique et la conservation marine.