Le mariage de Cayetano Martínez de Irujo (63 ans) avec Bárbara Mirjan (29 ans) a été non seulement l'un des événements sociaux les plus médiatisés, mais aussi un geste chargé de symbolisme.
Le lieu choisi pour le mariage, le sanctuaire de Nuestro Padre Jesús de la Salud et María Santísima de las Angustias – populairement connu sous le nom d'Église du Christ des Tsiganes – n'est pas n'importe quel temple : c'est un espace où se réunissent l'histoire, la dévotion et la mémoire de l'une des familles les plus influentes d'Espagne.
Situé à Séville, ce sanctuaire est profondément lié à la fois à la Confrérie des Gitans et à la Maison d'Albe. À l'intérieur reposent les cendres de Cayetana Fitz-James Stuart, personnage clé de l'histoire récente du temple.
La ferme où Cayetano Martínez de Irujo a célébré son mariage : 1 480 hectares, du XIXe siècle. XVIe et ensemble historique de la ville

Sa présence n'est pas fortuite : l'aristocrate fut l'un des grands promoteurs de la reconstruction du bâtiment, participant activement à son financement et laissant une marque indélébile.
L'histoire du sanctuaire remonte aux premières années du XVe siècle, lorsqu'il faisait partie de l'ancien couvent franciscain de la Vallée. Au fil du temps, les confiscations et les abandons ont gravement détérioré le complexe, qui a fini par être partiellement démoli.
Cependant, l’Église a réussi à survivre, bien que dans des conditions précaires pendant des décennies. Ce n'est qu'en 1996 que la Confrérie des Tsiganes obtint le transfert de la propriété avec l'engagement de la restaurer. Trois ans plus tard, en 1999, le temple rouvre ses portes entièrement réhabilité, en grande partie grâce au patronage de la duchesse d'Albe.
L'épisode le plus tragique de l'histoire de cette confrérie se produit en 1936, au début de la guerre civile. Bien que le bâtiment actuel n'ait pas été incendié comme on l'appelle aujourd'hui, c'est son ancien siège, l'église de San Román, où se sont produits l'incendie de ses images titulaires et la perte presque totale de son patrimoine.
Cet événement a profondément marqué l’identité de la confrérie, qui a dû pendant des décennies reconstruire non seulement son héritage matériel, mais aussi sa mémoire collective.
Dans ce contexte, le choix de ce sanctuaire pour le mariage prend une signification particulière. Ce n'est pas seulement un cadre solennel, mais un lieu étroitement lié à la vie personnelle de Cayetano.
En plus d'héberger les cendres de sa mère, le temple reflète la relation étroite de la famille avec la confrérie : le duc lui-même y a participé, même en tant que porteur, renforçant ce lien émotionnel et spirituel.
Ainsi, le mariage n’était pas seulement une célébration, mais aussi un hommage silencieux. Se marier au même endroit où repose Cayetana Fitz-James Stuart transforme l'acte en quelque chose de plus profond : une union entre le passé et le présent, entre l'histoire et la vie, dans un temple qui renaît de ses cendres pour devenir un symbole de continuité et d'héritage.