Les salaires de la zone euro ralentissent leur hausse à 3,55% et incitent à une baisse des taux

La montée de salaires négociés d'un commun accord dans la zone euro, il fait partie du cocktail d'indicateurs (avec l'inflation et la croissance économique) dans lequel le Banque centrale européenne (BCE) pour déterminer le ton de sa politique monétaire et décider, entre autres, s'il est temps de augmenter, maintenir ou diminuer les taux d’intérêt. Selon les statistiques publiées ce jeudi par la BCE, la hausse des salaires négociés dans la zone euro s'est nettement ralentie au cours de la période deuxième trimestre de l'année, jusqu'à 3,55% en moyenne, par rapport aux 4,74% qui avaient été affichés au cours de la première période de l'année. Ce n’est pas pour rien que l’augmentation annuelle des salaires négociés dans la zone euro entre avril et juin est le plus bas depuis le dernier trimestre 2022.

Cette modération des salaires laisse espérer un prochaine baisse des taux de la BCE lors de sa réunion de septembre. Justement, on a appris jeudi que déjà en juillet une large majorité des membres du conseil des gouverneurs de la BCE avait préconisé d'envisager une nouvelle baisse des taux lors de la réunion de septembre, comme en témoigne le procès-verbal de la réunion publié par l'autorité monétaire. Les dernières données d'inflation dans la zone euro, quant à elles, font état d'une hausse d'un dixième, à 2,6%, au mois de juillet, tandis que le croissance économique reste faible : au deuxième trimestre, le PIB a augmenté de 0,3% par rapport au premier (0,6% par rapport à la même période de l'année précédente).

Analyse économique

Lors de la réunion de juillet, l'économiste en chef de la BCE, Philippe Lane, a confirmé les pressions salariales « élevées » manifestées tout au long de l'année, en grande partie motivées par les attentes des travailleurs en matière de récupération du pouvoir d'achat perdu en raison de l’inflation accumulée depuis mi-2021.

Lane a cependant également déclaré qu'au-delà du court terme, les enquêtes auprès des hommes d'affaires et des économistes permettaient de prédire « une ralentissement de la croissance des salaires en 2025« , comme le révèlent les procès-verbaux publiés ce jeudi. Selon leur analyse, « le ralentissement attendu de la croissance des salaires l'année prochaine est imputable à la reprise de l'économie. inflation passée jouera un rôle moindre que la diminution inflation « attendue » dans les négociations salariales. Autrement dit, les agents sociaux commenceront à se laisser davantage guider par l'attente d'une inflation plus faible dans leurs négociations salariales.

Et c’est ce que la moindre information pourrait déjà indiquer. Augmentation de salaire négociée en juillet (3,55%), par rapport à ceux qui traînaient dès le premier trimestre 2023 (toujours au dessus de 4%).

L'Espagne, derrière

Il est en tout cas encore tôt pour considérer cette tendance comme consolidée. D'autant que, comme l'ont souligné certains conseillers de la BCE lors de leur réunion de juillet, « les salaires réels d'une grande partie des travailleurs dans certains pays sont encore en dessous de leurs niveaux d'avant la pandémie ».

Selon un récent rapport publié par l'OCDE, la moitié des pays sur son orbite ont déjà retrouvé le niveau de salaires d'avant le covid, même si ce n'est pas le cas en Espagne. Il pouvoir d'achat des travailleurs espagnols C’est 2,5 % de moins qu’avant le déclenchement de la pandémie et 5 % de moins qu’au début de la guerre en Ukraine.

Encore, Salaires négociés en Espagne Leur croissance est inférieure à la moyenne de la zone euro. Avec les données du ministère du Travail jusqu'au mois de juillet, l'augmentation moyenne des salaires convenue dans les conventions collectives en Espagne a été de 2,99% (un chiffre similaire à celui de juin), soit un demi-point en dessous de la moyenne européenne (3,5%). L'augmentation moyenne des salaires négociés en Espagne est passée de 3,46% fin 2023 à 2,99% en juillet dernier.

Sur un total de 2.956 conventions collectives conclues en Espagne jusqu'au mois de juillet, seules 609 (20%, une sur cinq) incluent une clause de révision des salaires liée à d'éventuels futurs écarts par rapport à l'inflation.