VALENCE CF | Révolution dans le secteur 5 de Mestalla : « Nous voulons que les racistes sortent du stade »

Les habitants du quartier raciste du secteur 5 de Mestalla en ont dit assez. La plainte déposée auprès du parquet des délits de haine de Valence et la publication de l'histoire et des enregistrements audio dans Levante-EMV ont permis de transformer cette démarche en un mouvement collectif. Lors de la première révolution d'un groupe de supporters de football en Espagne pour expulser un raciste de leurs tribunes. Notez-le bien : Mestalla, les supporters du Valencia CF, sont les pionniers. En quelques jours, les cinq premiers témoins qui ont proposé de témoigner devant le parquet des crimes de haine ont été multipliés par trois. Ils sont déjà une quinzaine d'abonnés dans cette zone du premier ring du stade, au milieu de terrain, qui ont décidé de ne pas garder le silence face à ce qui est insupportable : un homme qui profère depuis son siège des insultes racistes et xénophobes de manière récurrente et avec une charge hostile envers le reste des tribunes.

« Nous sommes fatigués. Le secteur 5 fait partie de notre histoire et nous ne voulons pas qu'un personnage comme celui-là le tache », a déclaré à ce journal l'un des premiers abonnés ayant proposé de témoigner. Cette phrase résume bien le sentiment de toute la région : Mestalla ne peut pas être le refuge de quiconque insulte, dégrade ou humilie en raison de la couleur de la peau ou de l'origine d'une personne.

L'effet « boule de neige » a été immédiat. Depuis les quatre points cardinaux entourant ce siège de la rangée 13 du secteur 5, d'autres abonnés ont proposé de soutenir la plainte et d'expulser le raciste et frère de Mestalla. « Acclamations de Valence, c'est autre chose. Ce n'est pas du football, c'est du poison. Cela enlève l'envie d'aller au football. Nous le voulons en dehors de Mestalla », explique un autre abonné, visiblement excité.

Une partie des stands de Mestalla. / Ana Escobar / Efe

Pendant que le parquet étudie les audios et les documents pour engager la procédure, la Ligue a demandé à comparaître dans le dossier, démontrant qu'il s'agit d'une affaire qui concerne l'ensemble de la compétition. Le Valencia CF, pour sa part, agit par voie administrative avec l'ouverture d'un dossier et la possibilité de retirer l'abonnement de l'accusé. La différence entre les deux approches est claire : la justice pénale et la réponse institutionnelle de la Ligue se complètent, mais la véritable action est venue d'en bas, des supporters eux-mêmes.

Fatigue générale

Les messages dans les groupes WhatsApp, les conversations après les matchs, les appels entre voisins, tout cela construit un tissu de solidarité qui ne dépend ni des caméras ni des dirigeants. L'élément déclencheur a été la plainte déposée le 29 octobre auprès du parquet pour crimes de haine de Valence, dans laquelle des enregistrements audio pendant les matchs, une documentation détaillée et des témoignages ont été fournis. L'article publié dans Ascenseur-EMVaccompagné de ces audios, a dévoilé les insultes : des cris de « putain de noir ! », « sudaca ! », « gitans ! et des menaces dirigées contre les joueurs rivaux, à la stupeur du reste des supporters, dont certains mineurs.

Même si la Ligue a envoyé à plusieurs reprises un représentant pour surveiller la situation, l'action a été limitée et n'a pas abouti à des mesures fermes. Le Valencia CF, de son côté, a ouvert un dossier d'expulsion administrative.

L'histoire ne consiste pas seulement à punir ceux qui insultent, mais aussi à montrer que Mestalla est bien plus qu'un siège ou un abonnement : c'est une histoire, une mémoire et une communauté. Les résidents du secteur 5 l'ont bien compris. Et, en fin de compte, ils ont montré qu’ils ne voulaient pas que quiconque salisse ce qui leur appartient.

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