Pogacar déclenche une hécatombe dans le Tour

Incarné par la figure d'Eddy Merckx, Tadej Pogacar Ce dimanche, il a remporté sa plus belle victoire sur le Plateau de Beille. Tour de France. C'était plus qu'un triomphe et un coup d'État car il a mis KO Jonas Vingegaard le jour où la star danoise a fait marquer la scène en rouge. C'était comme dire au dernier vainqueur de la course de le laisser tranquille, qu'il n'y a rien à faire et que finir deuxième derrière lui est déjà une réussite. C'est pour cette raison qu'il s'est incarné dans Merckx, car c'est ce que le Belge a fait avec Poulidor et avec quiconque osait tousser dessus sur son vélo.

Pogacar n'a même pas eu besoin d'employer son équipe qui a pratiquement pris congé dimanche. Visma de Vingegaard a pris le volant de la course. Tout ou rien sur le Plateau. Et si ce n'était pas lui non plus, c'était à cause de la fureur de Vingegaard, qui a cherché l'impossible et a commencé à détruire la race. À tous? Bien sûr que non. A ceux qui pédalent derrière le couple dans un duel qui a déjà réalisé quatre Tours et si peut-être cette année la balance penche davantage vers un maillot jaune incontestable c'est à cause de l'accident du printemps au Pays Basque. Que personne n'oublie ce détail, car Vingegaard est arrivé sur le Tour après trois mois sans concourir et pas une seule fois, ni lui ni son équipe ne l’ont utilisé comme excuse.

Quand l'un des deux attaque, comme Vingegaard l'a fait à 10 kilomètres du sommet du Plateau, les autres n'ont qu'à regarder le compteur du vélo, les watts qu'ils consomment, la vitesse qu'ils portent, leur fréquence cardiaque et décident qu'en augmentant n'importe lequel d'entre eux, ces données, c'est aller droit à l'échafaud du Tour ; depuis Remco Evenepoeltoujours troisième avec l'impossible d'aller plus hautet de un magnifique Mikel Landa, à qui nous devrions célébrer et dire une prière cycliste, car terminer quatrième dans une étape comme celle vécue ce dimanche est admirable. Et qu'il joue comme le grégaire d'Evenepoel.

Le Tour, derrière Pogacar, est devenu un drame, de ceux qui vous obligent à sortir votre mouchoir pour pleurer, sans pouvoir contenir vos larmes ni vos émotions. Vingegaard, le premier, celui qui, à 33 kilomètres de la ligne d'arrivée, retenu par son coéquipier Matteo Jorgenson pour ne pas tomber, décide d'uriner en marchant. Et l’exercice n’est pas facile.

Il urine pour se sentir soulagé, pour respirer aussi profondément que possible en pédalant et pour commencer à organiser le chaos derrière lui ; Ils périssent tous sous la poussée de Jorgenson qui prend les commandes du Tour. Ils tombent tous assommés par derrière, comme Carlos Rodríguezet en avant, quand Enric Mas, exclu du classement général, tente l'évasion impossible, qui échoue toujours lorsque Pogacar et Vingegaard entrent en action.

Pogacar semble même connaître une ascension incroyable. Il n'y a pas de place pour une âme, un public dévoué, des milliers de vélos. Le 14 juillet en France et aux frontières espagnole et andorrane à quelques minutes en voiture ou à vélo. Vive les Pyrénées ! Celui qui séduit le maillot jaune, celui qui, comme tout le Tour, voit venir l'attaque annoncée de Vingegaard. La star danoise accélère et ils se retrouvent seuls.

Deux hommes avec un destin qui semble être celui de la victoire de Pogacar à Nice. Vingegaard ne lâche pas son rival. Sont allant jusqu'à 21 par heure sur une rampe de 9 %! Seuls deux d’entre eux en sont capables. Pas même les vélos électriques. Le drame devient un martyre par derrière. Une demi-heure après avoir franchi la ligne d'arrivée de Pogacar le Plateau, à peine 36 coureurs sont arrivés. Ils franchissent la ligne d'arrivée un à un. Le Tour plus détruit qu’une âme en souffrance. Du jamais vu ! Le Plateau devient une escabechina.

A 5 kilomètres de la ligne d'arrivée, dans l'une des zones les plus difficiles de la descente, Vingegaard se relève et passe la vitesse supérieure. Ah, mon ami ! Pogacar l'a vu. Tu n'as même pas besoin de regarder l'heure pour attaquer, pour laisser attachée au guidon la montre à 350 000 euros qu'il porte au poignet. 25, 30 mètres… il est temps de tourner la tête et de réaliser que Vingegaard ne le reverra plus tant qu'il n'aura pas franchi la ligne d'arrivée avec 1,08 minutes de retard. C'est déjà à 3,09 minutes et seuls les pièges que cache toujours le Tour peuvent le priver de la victoire finale.

« Je savais que samedi au Pla d'Adet je n'avais pas pris assez de temps. J'ai répondu à la première attaque de Vingegaard. Puis il a encore accéléré, mais j'ai vu qu'il ne faisait pas aussi fort, alors j'ai décidé de partir. Le Tour n'est pas terminé. Cela se termine à Nice. Lorsqu'il s'adresse à la presse, 45 minutes après avoir terminé l'étape, il reste encore 50 cyclistes à franchir la ligne d'arrivée. Ce sont les victimes du massacre de Pogacar. Un jour de repos n’a jamais été aussi reconnaissant.