Le gouvernement central, déterminé à maintenir le péage de Huerna malgré le front de bataille commun dans les Asturies (et à Madrid, il considère Óscar Puente comme le vainqueur)

La manifestation organisée vendredi dernier à Oviedo pour demander au gouvernement du socialiste Pedro Sánchez de supprimer le péage de Huerna (AP-66), qui a ouvert un nouveau chapitre politique dans les Asturies, n'a pas fait de brèche dans l'exécutif central.

La position du ministère des Transports, dirigé par Óscar Puente, reste, si possible, plus ferme : il rejette le retrait de la redevance, qui est sous le contrôle de la Commission européenne – organe exécutif de l'Union européenne (UE), qui considère irrégulière la prolongation de la concession à l'entreprise Aucalsa jusqu'en 2050.

Le gouvernement régional (PSOE et IU) ne perd pas espoir et les prochaines étapes consistent à organiser une réunion de l'Alliance pour les infrastructures, dans laquelle sont représentés l'exécutif régional, les partis, les hommes d'affaires et les syndicats, ainsi que le ministre Óscar Puente. « Dans le domaine politique, il est bien entendu prévu de rencontrer le Ministère dans les plus brefs délais », précisent des sources en Principauté. « Comme promis, lors de la réunion de l'Alliance du 27, le Gouvernement présentera la batterie d'actions politiques, administratives et juridiques à mettre en œuvre », soulignent-ils.

Mais ça n'a pas l'air bien. Pour l'heure, le Ministère a accueilli très froidement l'intention de la Principauté de tenir cette réunion. Dans les Transports, en effet, ils n'assurent même pas qu'il aura lieu, puisqu'ils n'ont pas encore reçu la demande officielle pour l'événement promu par les Asturies.

Quoi qu'il en soit, la feuille de route ministérielle n'a pas changé du tout, refusant catégoriquement de discuter de la fin du péage, qui, selon Puente, ne constitue pas une préoccupation pour les Asturies. Dans certains secteurs du gouvernement central, en outre, l'impact de la manifestation d'Oviedo, historique en raison de l'union des forces politiques, patronales et syndicales, avec les citoyens en général, est minimisé. Dans ces mêmes milieux, l'accent est mis sur la participation enregistrée – 5 000 manifestants, selon la police – plutôt que sur l'image de l'unité pour exiger la fin du péage. En fait, depuis Madrid, Óscar Puente est considéré comme le grand vainqueur de cette lutte politique avec la Principauté.

La lecture dans les Asturies est diamétralement opposée, ce qui montre que l'affrontement politique entre deux administrations dirigées par les mêmes initiales, celles du PSOE, est profond et ne semble pas prêt de s'atténuer. Gouvernement, partis, hommes d’affaires, syndicats s’accordent sur le fait que l’unité manifestée, inhabituelle, doit être un avant et un après pour ouvrir un scénario de dialogue que pour l’instant le gouvernement central rejette catégoriquement en misant pleinement sur le maintien du péage, à la loupe de l’Europe.

Les clés

  1. La Commission européenne considère que la prolongation du péage de Huerna jusqu'en 2050 est irrégulière.
  2. Le ministère des Transports n'a pas réalisé cette extension – le PP régissait – mais il la justifie en affirmant que la suppression du péage aurait un coût inabordable pour l'État.
  3. La Principauté, la Junta de Castilla y León et la Xunta de Galicia exigent la fin des péages Huerna et AP-9, ce qui a provoqué un affrontement politique.
  4. Óscar Puente, ministre des Transports, a déclaré que les hommes politiques asturiens avaient un agenda « flou », car le membre du gouvernement estimait que Huerna n'était pas une question transcendantale pour la région.

Une longue liste de désaccords

La Principauté a déjà une longue liste de désaccords avec le Ministère des Transports, même si la raison de l'écart actuel entre les deux administrations est sans aucun doute le péage de Huerna après avis de la Commission européenne. La situation de l'AP-66 s'ajoute aux conflits autour de la route Jove, après que le ministère des Transports ait rejeté un projet ; et le retard dans l'arrivée des trains Avril, qui circulent sur le contournement de Pajares depuis mai de l'année dernière.

La route de Jove a provoqué un énorme choc, puisque le ministère a assuré qu'Adrián Barbón, président de la Principauté, était au courant de l'échec du projet, ce que le gouvernement régional a catégoriquement nié. Au fil des mois, les positions se sont rapprochées, mais depuis, une méfiance mutuelle règne. La proximité et l'autoroute du Sud-Ouest ont également provoqué des fissures, même si celles-ci existaient déjà avant l'étape du pont.

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