La première chose que je fais lorsque je voyage dans une ville est de découvrir ses musées. Selon le temps dont je dispose, je visite au moins ceux qui me racontent l'histoire de la ville ou celle de certains de ses plus illustres protagonistes. Habituellement, ces institutions sont situées au centre des capitales et sont installées dans des bâtiments historiques, souvent inadéquats à cet effet, ou bien installées dans des bâtiments nouvellement construits qui deviennent rapidement obsolètes. De manière accélérée et avec plus ou moins de succès, ces musées nous montrent les présences et les absences de ce que nous découvrirons plus tard en déambulant dans les rues, en flânant ou simplement en profitant de leurs terrasses. España cuenta con museos de ciudades en toda su geografía, alimentados principalmente con obras obtenidas de las desamortizaciones del siglo XIX, y también el resto de Europa, siendo uno de los más conocidos el Musée Histoire de Paris Carnavalet, por ser uno de los primeros de ce type.
Zamora ne fait pas exception. Cette commune possède des musées aux collections et critères muséologiques variés. Tous montrent de l'affection pour la ville et savent entrer en contact non seulement avec les étrangers mais aussi avec ses citoyens. Ce sont des joyaux répartis dans tout son centre historique qui, comme des coffres-forts – comme la vitrine unique du musée Zamora, conçue par les architectes Emilio Tuñón et Luis Moreno Mansilla -, diffusent et protègent un précieux patrimoine.
Si depuis des années Zamora est obstinément liée à son statut de ville romane, elle a récemment réussi à trouver et à mettre en lumière ce que peu de capitales castillanes possèdent : une architecture moderniste. En effet, dans les premières décennies du XXe siècle, la sinuosité et la légèreté ont émergé parmi les robustes pierres médiévales des élévations des maisons conçues par des architectes tels que Francisco Ferriol Carreras, Gregorio Pérez Arribas ou Miguel Mathet y Coloma. Ces bâtiments sont facilement identifiables car ils sont dotés de points de vue attrayants et de balcons uniques remplis de motifs végétaux stylisés. Cela a fait de cette ville un espace unique et, depuis 2009, une étape obligatoire car elle fait partie de la Route européenne du modernisme.
Chaque bâtiment est un témoignage précieux du poids que joue l'architecture dans l'espace urbain et répond à l'importance des goûts et des besoins de chaque époque compris comme l'esprit du temps, parfaitement défini dans le concept allemand Zeitgeist. C'est sur cet itinéraire que les carrefours sont décisifs. Je fais référence aux sculptures de Baltasar Lobo et à sa relation avec la ville et, plus précisément, à celles qui se trouvent dans un coin emblématique de cette ville : le château de Zamora, dont sont conservées deux enceintes fortifiées, une barbacane et un fossé, puis au jardin qui l'entoure. C'est le cadre où les figures et les formes anatomiques de Lobo s'élèvent sur des socles en pierre et marquent leur présence et leurs volumes par le contraste de la palette réduite des matériaux utilisés : le bronze comme sujet et le calcaire comme fond.
Les vestiges médiévaux sont de parfaits contenants de pièces du XXe siècle, accompagnés de finesse, d'élégance, de réflexion, de confinement et d'émotion, à travers lesquels le visiteur vit une expérience unique de la visite.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le dialogue complexe entre les connotations historiques du bâtiment et les objets qu’il abrite enrichit encore cet engagement. C'est une solution réussie où un itinéraire est proposé avec un sens scénographique marqué dans lequel le visiteur est directement impliqué dans le lieu. En réalité, ce double objectif n’est pas exclusif à cette affaire, mais il est très significatif. Nous pouvons citer d'autres exemples dans lesquels, à partir d'un château comme d'un continent, les architectes ont réussi à abriter et à exposer une série d'œuvres dans lesquelles le parcours était aussi important que le contenu. C'est le cas du Château Sforzesco de Milan qui, après avoir été bombardé en 1943, a été restauré en 1954 et adapté à des fins muséales par les techniciens de l'entreprise BBPR, donnant ainsi une unité à l'hétérogénéité des espaces et de la collection. À peine quatre ans plus tard, l'architecte Carlo Scarpa partait du même programme, mais résolvait de manière plus audacieuse la restauration et la muséalisation du Musée Civique de Castelvecchio à Vérone. À cette époque, le bâtiment était le résultat d'interventions nombreuses et arbitraires, c'est pourquoi, avec la précision d'un chirurgien, il a démoli certaines parties et incorporé des solutions innovantes telles que des trous ouverts dans le sol ou des découpes dans les murs qui permettaient la stratification du immeuble à apprécier. De plus, pour exposer les œuvres, des matériaux totalement étrangers à l'histoire du bâtiment ont été utilisés, comme le béton apparent, le fer forgé ou le bois, devenant ainsi un espace plein de modernité. Enfin, il convient également de mentionner l'intervention réalisée en 1979 au Château de Rivoli à Turin. Cette forteresse militaire, propriété de la famille de Savoie, a fait pendant des siècles l'objet de démolitions constantes, de nouvelles constructions et de restaurations. Así, a principios de 1980 presentaba un estado lamentable, de manera que el arquitecto Andrea Bruno se hizo cargo de la recuperación del inmueble degradado, quien, además de sacar lo mejor de aquellos aparentes restos, construyó una nueva galería que alberga una apabullante colección de l'art contemporain.
Ces exemples servent à réaffirmer à quel point les vestiges médiévaux sont de parfaits contenants pour les pièces du XXe siècle, alliés à la finesse, à l'élégance, à la réflexion, au confinement et à l'émotion, à travers lesquels le visiteur vit une expérience de visite unique.
Professeur d'Histoire de l'Art à l'Université de Salamanque, où elle enseigne, entre autres matières, dans la licence d'Histoire de l'Art, la matière de Muséologie, et dans le Master Universitaire d'Etudes Avancées en Histoire de l'Art, étant responsable de la matière Architecture et urbanisme. planification des XIXe et XXe siècles. Problèmes et approches.
Abonnez-vous pour continuer la lecture