Le gouvernement a coupé en deux le décret omnibus pour sauver les retraites. L'Exécutif entend réduire les risques et voter deux décrets distincts, qui ont été approuvés ce mardi par le Conseil des ministres. L'une pour la revalorisation des retraites, y compris d'autres mesures de sécurité sociale, et une autre pour le bouclier social avec les expulsions, l'aide à la dana ou l'extension du bonus social énergétique, qui permettront aux mesures d'être votées séparément au Congrès, comme l'a déjà rapporté EL PERIÓDICO ce lundi.
Des sources de l'Exécutif ont confirmé tôt dans la matinée que les négociations se déroulaient toujours contre la montre, juste avant un Conseil des ministres qui s'est ouvert à 9 heures du matin. Finalement, la revendication du PNV a été acceptée, qui agit comme une sorte d'intermédiaire avec Junts dans la négociation avec le gouvernement, afin que la prolongation des expulsions n'affecte pas les propriétaires d'un logement en location. Une demande partagée par les post-convergents, même si pour le moment ils sont sceptiques jusqu'à analyser le texte en profondeur.
Avec un gouvernement sans majorité claire à gauche, l’arithmétique parlementaire est essentielle et impose un jeu constant d’équilibre. Le décret d'extension du bouclier social, qui comprenait la revalorisation des retraites, en est un exemple clair. « Notre intention est de faire adopter un décret de mesures de bouclier social qui obtienne une large majorité au Congrès », ont justifié des sources de la Moncloa.
Les conversations se sont donc concentrées sur l’obtention du soutien des Junts pour cela, mais en veillant à ce que les transferts vers les post-convergents éloignent les autres partenaires de l’arc progressiste. « S'ils proposent des choses que le PP pourrait également faire, l'axe de gauche serait exclu de l'équation », ont prévenu la semaine dernière des sources parlementaires d'un des groupes qui ont le plus défendu l'extension du bouclier social. Podemos s’est empressé de remettre en question cette réduction.
La semaine dernière, le Congrès a annulé le soi-disant décret omnibus en votant contre le PP, Vox et Junts. Les députés populaires et post-convergents se sont accordés à critiquer le mélange de l'augmentation de 2,7% des pensions moyennes avec la prolongation de l'interdiction d'expulsion des familles vulnérables jusqu'à ce qu'une alternative à leur relocalisation soit trouvée. Chose qui sera désormais évitée.
Les socialistes se sont attachés dès le début à attirer les Junts dans des logements dotés de mécanismes offrant davantage de garanties aux propriétaires en cas de non-paiement du loyer. Tant au niveau de l’allocation budgétaire que de l’agilité. Enfin, il a été décidé d'exonérer les propriétaires d'un seul logement en location « de la charge d'offrir une alternative de logement aux personnes en situation de vulnérabilité », comme l'a confirmé le groupe parlementaire PNV.
Du ministère du Logement, ils soulignent que dans le cas des personnes propriétaires d'un logement en location, comme elles ne sont pas concernées par l'extension de ce bouclier social, « il appartiendra aux services sociaux compétents de rechercher une alternative de logement d'urgence ». En parallèle, ils affirment que le Gouvernement continuera à fournir des financements aux collectivités « pour contribuer au développement de parcs de logements sociaux et de ressources d'hébergement d'urgence qui apportent une réponse structurelle aux situations de vulnérabilité ».
Garanties aux propriétaires
Le Conseil des ministres a déjà budgétisé à 300 millions les garanties financées par l'Etat à cet effet. La ligne d'aide pour la couverture en cas de non-paiement du loyer des logements pour les jeunes et les groupes vulnérables faisait déjà partie du Plan National de Logement, mais en raison de son retard, un décret a été approuvé en décembre dernier et est désormais inscrit au budget.
Après un intense week-end de négociations, ce lundi, le gouvernement était déjà ouvert à la possibilité d'exécuter séparément les mesures du décret. Un changement substantiel par rapport à la semaine dernière, où l'intention était de « garder le tout entier », comme le réclamait également le partenaire minoritaire de la coalition. Pedro Sánchez a affirmé avec force ce dimanche lors d'un rassemblement à Teruel, où il est allé soutenir la candidate du PSOE à la présidence d'Aragon, Pilar Alegría, que les retraites « va être réévaluées oui ou oui, avec ou sans le PP ».
Ainsi, une adéquation est recherchée en combinant la protection des familles vulnérables avec la couverture des propriétaires. L’autre joker que le gouvernement réserve encore concerne la délégation des pouvoirs en matière d’immigration à la Catalogne, après que Podemos s’est montré disposé à lever son veto suite à son accord avec le gouvernement pour la régularisation expresse d’un demi-million de migrants. Le déblocage de ce dossier dépend désormais de la modification du préambule du projet, auquel les post-convergents sont ouverts et auquel Podemos demande leur soutien, en éliminant les références qu'ils considèrent comme « racistes ».
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