Le gouverneur de la Banque de France a mis en garde ce samedi contre le risque « d'étouffement » qui pèse sur le pays s'il continue sans budgets pour 2026 et a demandé des « engagements réels » de la part des partis politiques et du Gouvernement, qui étudie un éventuel avancement des élections législatives.
« La France ne risque pas de faillite, mais plutôt d'étouffement à différents niveaux », a déclaré le président de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur France Inter. Il a précisé qu'il s'agirait d'un « étouffement budgétaire, économique et générationnel, car nous donnons la priorité aux personnes âgées par rapport aux jeunes », avec « plus de dépenses pour les retraites et un plus grand déficit ».
Villeroy de Galhau préconisait « d'aller au-delà des postures, des disputes et du théâtre, et de trouver de vrais compromis ». En ce sens, le gouverneur de la Banque de France a jugé « très important d'avoir un budget pour 2026 » avec un déficit public « au plus 5% du PIB » cette année. Cela nécessite de « stabiliser les dépenses » et « d'être prudent en matière fiscale », a déclaré Villeroy de Galhau, favorable à « certaines mesures équitables », comme l'extension de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, sur laquelle les parlementaires de droite et de gauche ne sont pas d'accord.
Il a averti que même si les marchés financiers sont actuellement calmes à l'égard de la France, « leur comportement n'est jamais linéaire, il peut y avoir un calme apparent suivi d'une correction brutale », surtout « dans l'environnement géopolitique actuel d'extrême incertitude ». Il a notamment souligné que « le programme américain de déréglementation financière accroît les risques de crise financière », tout en appelant à « garder le calme et le cap » en Europe et à « maintenir un dialogue franc et exigeant de l'autre côté de l'Atlantique ».
Possible avancée électorale
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a demandé la veille au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, d'examiner la viabilité de la tenue d'élections législatives anticipées lors des élections municipales prévues en mars.
Une demande que les analystes politiques interprètent comme un avertissement aux partis non extrémistes, qui ne sont pas intéressés par une avance électorale, après la présentation d'une motion de censure du Groupe national d'extrême droite contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, suivie d'une autre motion signée par la gauche La Francia Insumisa, que Lecornu a qualifiée de « cynique et partisane ».
Les discussions budgétaires doivent aboutir dans les semaines à venir, et si un consensus n'est pas atteint, le gouvernement Lecornu serait contraint de procéder à l'approbation forcée de l'article 49.3 de la Constitution ou à la promulgation de décrets.
En cas de nouvelle dissolution, les élections législatives se tiendraient les 15 et 22 mars, aux premier et deuxième tours, coïncidant avec les élections municipales.