Une coalition de dix banques de premier plan, dont Banco Santander, Bank of America, Barclays, BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs, MUFG, TD Bank et UBS, a rendu public son intérêt pour le développement d'une monnaie stable adossée aux principales monnaies mondiales avec une parité de 1:1 avec les monnaies du G7. Cette annonce représente un saut qualitatif dans la transition du système bancaire vers des actifs numériques réglementés.
Ce mouvement n'est pas isolé. En Europe, neuf banques – dont CaixaBank, ING, Unicredit – ont déjà accepté de lancer un stablecoin lié à l'euro, avec un lancement prévu pour le second semestre 2026. De plus, dans le cadre de l'événement MERGE Madrid, BBVA a confirmé qu'elle émettrait son propre stablecoin en 2026, dans le but de rivaliser avec les projets de consortium et les émetteurs indépendants.
Pour Santander, l'annonce du consortium international s'appuie sur des signaux antérieurs. La banque envisage d'émettre des jetons libellés en euros et en dollars, peut-être seule ou en collaboration avec des projets existants, et de permettre à ses clients numériques d'accéder aux crypto-monnaies. Sa filiale numérique, Openbank, a déjà soumis des demandes dans le cadre réglementaire MiCA de l'UE pour fournir des services de cryptographie aux clients de détail. Selon des médias comme Bloombergle projet en serait encore à ses débuts.
Une tendance structurelle dans le secteur bancaire mondial
Ce genre d'initiatives…pièces stables émis par les institutions bancaires traditionnelles – témoigne d’une évolution sur deux fronts :
- Vers une convergence entre finance traditionnelle et cryptoactifs réglementés. Les entités cherchent à rejoindre l’écosystème numérique non pas en tant que simples intermédiaires, mais en tant qu’émetteurs.
- Renforcement du rôle des régulateurs. Les banques affirment que leurs projets seront alignés sur les exigences réglementaires et les meilleures pratiques en matière de gestion des risques. En Europe, la réglementation MiCA établit déjà le cadre juridique permettant aux institutions d'émettre et de gérer des crypto-actifs dans le respect des normes de transparence et de supervision.
Cette transformation entre également en tension avec les modèles bancaires classiques : si les pièces stables émises rapportaient ou étaient converties en dépôts numériques, elles pourraient concurrencer les dépôts bancaires traditionnels. Certains régulateurs et experts alertent sur le risque systémique qui pourrait être généré (par exemple aux Etats-Unis, les discussions autour de la loi GENIUS).
Pourquoi maintenant ?
- Cadre réglementaire plus favorable. En Europe, MiCA est déjà pleinement déployé ; Une législation imposant des approbations strictes est en cours de débat aux États-Unis.
- Pression concurrentielle. Le marché du stablecoin dépasse les 250 milliards de dollars, dominé par des émetteurs privés comme Tether ou USDC.
- Applications pratiques. Le pièces stables Ils facilitent les paiements transfrontaliers plus rapides, les règlements instantanés et la tokenisation des actifs, une promesse intéressante pour les banques cherchant à moderniser leurs infrastructures.
En bref, l’annonce de Santander et de ses partenaires internationaux, ainsi que les mouvements parallèles de BBVA et d’autres banques européennes, représentent un changement évident : les institutions financières traditionnelles n’explorent plus seulement les crypto-monnaies, mais aspirent à les émettre sous contrôle réglementé. En 2026, un tournant pourrait être marqué pour la coexistence du système bancaire classique avec une nouvelle génération de monnaie numérique privée supervisée.
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