Le juge accuse le président du Parlement des Baléares d'avoir cassé la photo d'Aurora Picornell

Le juge du tribunal d'instruction numéro 1 de Palma, Juan Manuel Sobrino, a décidé d'interroger le président du Parlement en tant qu'accusé et député du parti politique Vox, Gabriel Le Senne, qui devra se défendre d'un crime de haine, suite à sa réaction controversée, dans laquelle il a détruit une photographie d'Aurora Picornell en représailles, lors d'une séance plénière officielle. Le magistrat a pris cette décision après avoir analysé en profondeur les images de la séance plénière, qui s'est tenue le 19 juin dernier, au cours de laquelle on a clairement observé comment Le Senne a d'abord demandé à la députée Mercedes Garrido de retirer l'image des femmes victimes de représailles, puisde ses propres mains, arrache la photographie et la jette par terre. La photographie des victimes assassinées sous le régime franquiste figurait sur la couverture de l'ordinateur du député socialiste, expulsé de la Chambre sur ordre du président, Gabriel Le Senne. Il a ensuite également expulsé la députée Pilar Costa, représentante du Conseil du Parlement.

Même si le représentant de Vox avait demandé au tribunal de déposer cette plainte, le magistrat non seulement l'a rejetée, mais il comprend plutôt qu'il y a suffisamment de preuves pour citer Le Senne comme accusé. Le jugement fixe également la date de ladite déclaration, qui aura lieu le 27 septembre prochain. Le président du Parlement devra comparaître accompagné d'un avocat de la défense.

Dans la même ordonnance, le juge assigne également à témoigner, à cette occasion en tant que témoin, au député Mercedes Garrido, protagoniste direct de cet incident, qui a provoqué l'indignation des proches des victimes assassinées pendant la dictature de Franco.

Ce dossier est traité après présentation de deux plaintes et d'une plainte pénale. Les premiers plaignants Il s'agissait de deux parents des soi-disant « Roges del Molinar », quelles sont les femmes qui ont été abattues, parmi lesquels se trouvait la dirigeante syndicale Aurora Picornell. Il s'est ensuite joint à la plainte l'association Memoria de Majorque. Plus tard, l'association « Chère Aurore », formé d'une cinquantaine de représentants de l'association civile, a porté plainte contre Gabriel Le Senne, l'accusant de crime de haine, demandant à son tour de faire office d'accusation populaire contre le président du Parlement. Cette comparution a été acceptée par le magistrat et sera exercée par l'avocat Sebastià Frau.

Le Senne sera le premier président du Parlement qui devra répondre devant un juge accusé d'un crime de haine, prétendument commis dans l'exercice de sa fonction de deuxième plus haute autorité des îles Baléares. Maria Antònia Munar avait déjà été citée comme accusée lorsqu'elle était présidente du Parlement, mais elle a été appelée à témoigner en raison d'une décision adoptée lorsqu'elle était présidente du Consell de Majorque.

Si Le Senne, du fait de son statut de député, est certifié, cela n'empêche pas le juge d'instruction de le citer à témoigner comme mis en examen. Si le magistrat, après avoir analysé vos déclarations et celles du reste des témoins, Si vous comprenez qu'il y a des indices d'un crime, en l'occurrence de la haine, vous devez transférer le dossier à la Cour supérieure de justice de Baléares. La Chambre doit nommer un instructeur, qui sera en fin de compte chargé soit de déposer le dossier, soit de le traduire en justice.

L'enquête sur cette affaire ne devrait pas être très longue, puisqu'il existe une vidéo où l'on voit clairement les agissements de Le Senne lors de cette séance plénière, dans laquelle l'abrogation de la loi Mémoire Démocratique (imposée par VOX) était précisément discuté. ) et le reste des hommes politiques de la Commission parlementaire impliqués dans cet épisode controversé sont identifiés, dans lesquels a été déchirée la photographie destinée à rendre hommage aux victimes assassinées sous le régime de Franco.