Des chercheurs chinois suggèrent que la surveillance de l'activité cérébrale des passagers pourrait aider les systèmes de conduite autonome à prendre des décisions plus sûres dans des situations à risque.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Cyborg and Bionic Systems et dirigée par des scientifiques de l'Université Tsinghua en Chine propose de transformer les passagers eux-mêmes en une source d'informations qui aide les voitures autonomes à prendre de meilleures décisions dans les moments difficiles.
En utilisant le fNIRS ou spectroscopie fonctionnelle proche infrarouge pour surveiller en temps réel l’activité cérébrale liée au stress et à la perception du risque, les spécialistes ont intégré ces signaux dans la logique cérébrale de la conduite autonome et ont obtenu des résultats prometteurs dans des simulations et des tests contrôlés, selon Tech Xplore.
Le système fusionne l'évaluation physiologique des passagers avec un algorithme d'apprentissage profond pour guider les décisions du véhicule lorsque des scénarios de risque se présentent, comme un freinage d'urgence, un autre véhicule entrant soudainement sur la route ou un passage pour piétons, par exemple.
Avantages en matière de sécurité et d'apprentissage des systèmes de conduite autonome
Lorsque l’algorithme détecte des signes constants d’inconfort ou de tension chez les occupants, il privilégie une stratégie plus conservatrice : freiner plus tôt, augmenter la distance de sécurité ou réduire la vitesse plus tôt. Ainsi, la combinaison de l’intelligence artificielle (IA) et de la neurotechnologie permettrait de concevoir des véhicules autonomes répondant au stress et à la perception du risque des passagers.
Dans les tests effectués, l'inclusion de données cérébrales a accéléré l'apprentissage de l'agent et amélioré les mesures de sécurité et de confort par rapport aux versions traditionnelles de l'algorithme. Selon les chercheurs, l'utilisation de la réaction humaine comme capteur supplémentaire permet au système d'évaluer non seulement ce que les capteurs physiques détectent, mais également la manière dont les situations sont perçues par les personnes voyageant à l'intérieur du véhicule. Les résultats étaient cohérents dans les expériences de freinage d’urgence et les manœuvres de coupe avant, entre autres situations.
Référence
Prise de décision en matière de sécurité pour les véhicules autonomes intégrant les états physiologiques des passagers par fNIRS. Xiaofei Zhang et coll. Cyborg et systèmes bioniques (2025). DOI :https://dx.doi.org/10.34133/cbsystems.0205
Limites actuelles et défis techniques
Cependant, il existe encore des limites importantes. Les essais ont été réalisés dans des contextes relativement simples et avec des participants de tranches d'âge et de profils similaires. Pour parvenir à une généralisation à des contextes réels, il sera essentiel d’évaluer le système avec un trafic complexe, une diversité culturelle et des passagers ayant des réactions émotionnelles ou des conditions médicales différentes.
De plus, l’intégration des signaux biologiques nécessite une réponse éprouvée au bruit (mouvements, lumières). Les systèmes doivent être cliniquement validés et des cadres juridiques doivent exister pour protéger les utilisateurs contre toute utilisation abusive. Cependant, outre une plus grande sécurité, cette avancée ouvre la porte à des voitures autonomes « empathiques », qui adaptent leur style de conduite en fonction du passager.