La ralentir de l’économie espagnole s’accentue pour l’année prochaine. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a réduit de cinq dixièmes ses prévisions de croissance pour l’Espagne et estime que son produit intérieur brut (PIB) augmentera de 1,4% en 2024, au lieu du 1,9% prévu en septembre, soit cinq dixièmes de moins. Selon le rapport trimestriel publié mercredi par l’organisation internationale basée à Paris, le PIB espagnol augmentera de 2,4% cette année, soit la même prévision qu’en septembre. Mais elle ralentira et perdra un point de croissance en 2024. Et d’ici 2025 elle prévoit un rebond à 2 %.
La réduction de la croissance espagnole l’année prochaine est conforme aux prévisions faites par d’autres entités nationales et internationales. La Chambre de commerce espagnole a déjà abaissé ce lundi son estimation à 1,6% du PIB en 2024, tandis que la Commission européenne a indiqué en octobre qu’elle s’attendait à une hausse de 1,7%. En revanche, le gouvernement espagnol reste plus optimiste et espère une croissance de 2 %.
Au-dessus de la moyenne de la zone euro
Toutefois, l’Espagne reste le grand pays d’Europe occidentale qui résiste mieux au ralentissement économique actuel, notamment sur le Vieux Continent. Son économie connaît cette année une croissance nettement supérieure à la moyenne de la zone euro (0,6 %), et la même chose se produira en 2024.
La économie allemandeEn fait, va diminuer cette année (-0,1%) et il augmentera à peine de 0,6% l’année prochaine. Les Français connaîtront également une croissance faible, aussi bien en 2023 (0,9%) qu’en 2024 (0,8%). La même chose se produit avec l’Italie (0,7%) ou les Pays-Bas (0,5%). Seules l’Irlande, la Grèce, la Croatie et les pays baltes dépasseront les paramètres espagnols.
Après la crise de l’inflation et les répercussions de la guerre en Ukraine, qui ont particulièrement affecté l’économie de l’Allemagne, moteur économique de l’Union européenne, on voit désormais le PIB des différents pays du bloc alourdi par la politique monétaire du Banque centrale européenne et des taux d’intérêt élevés pour lutter contre l’inflation. Et cela a des répercussions sur des secteurs comme la construction ou la finance.
La croissance européenne est à la traîne
L’OCDE prévient que le diminution de la inflation sera plus lent que prévu à l’échelle mondiale, ce qui « limite les possibilités de réduction des taux d’intérêt en 2024 ». La hausse des prix dans les pays du G20 passera de 6,2% en 2023 à 5,8% en 2024, selon le rapport de cette organisation. « L’impact de la hausse des taux d’intérêt et du resserrement des normes de crédit pourrait s’avérer plus fort que prévu, entraînant un ralentissement plus marqué des dépenses et une augmentation du chômage« , Ajouter.
Dans le cas des États-Unis, « il existe un risque que l’inflation se révèle persistante », tandis qu’en Europe, le spectre d’un ralentissement plus marqué et d’un retard de croissance par rapport aux autres puissances existe. La L’économie américaine résiste mieux au ralentissement que celui de l’Europe et son PIB devrait croître de 2,3% cette année. Les Chinois augmenteront de 5,2% en 2023 et de 4,7% en 2024.
Outre le ralentissement, Clare Lombardelli, économiste en chef de l’OCDE, met en garde contre le augmentation des déficits publics en raison du coût plus élevé de la dette – en raison des taux d’intérêt élevés -, de l’augmentation des dépenses militaires et des investissements pour faire face à l’urgence climatique, ainsi que du vieillissement de la population, qui se traduit par une augmentation des dépenses en matière de retraites. L’organisation prévoit un déficit public pour l’Espagne 3,2% en 2024 et 3,1% en 2025. Des pourcentages légèrement supérieurs à ce qui est établi par la règle européenne controversée.