UNION EUROPÉENNE | L'UE et l'Égypte uniront leurs forces pour contribuer à la reconstruction de Gaza si le cessez-le-feu est maintenu

L'Union européenne et l'Egypte travailleront ensemble pour contribuer à la reconstruction et au redressement de Gaza, à travers une conférence internationale et un groupe de donateurs pour la Palestine, à condition que le cessez-le-feu soit maintenu, ont-elles annoncé dans une déclaration commune à l'issue du premier sommet entre les deux.

Le président égyptien Abdel Fattá al Sisi a rencontré ce mercredi à Bruxelles le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans le cadre du premier sommet tenu entre l'Union européenne et l'Égypte. Après la réunion, le président égyptien a participé à un dîner informel avec le reste des dirigeants, présents à Bruxelles pour assister à la réunion du Conseil européen de jeudi.

Costa a souligné le leadership d'Al Sisi et « son engagement inébranlable et ses efforts de médiation » qui, a déclaré le président du Conseil, « ont été cruciaux pour sceller la première phase du cessez-le-feu à Gaza ». Les Portugais ont en tout cas souligné que « la paix ne sera complète que lorsque la reconstruction ira au-delà de la dévastation ». Al-Sissi a annoncé la tenue d'une conférence internationale pour le financer et l'UE s'est montrée disposée à y contribuer.

Une source haut placée dans la communauté, qui a demandé si Israël, comme la Russie, devait supporter les coûts de la reconstruction de Gaza, a rejeté la comparaison. « L'Union européenne et, sans aucun doute, le président du Conseil européen ont depuis longtemps été très clairs dans leurs critiques à l'égard de l'usage disproportionné de la force par Israël à Gaza », a-t-il déclaré. « En ce qui concerne la comparaison », a-t-il affirmé, « je ne comparerais pas des situations qui ne sont pas comparables. La Russie a mené une agression totalement injustifiée contre l'Ukraine ». Tandis qu’Israël, souligne la même source, se défendait.

Al-Sisi a souligné que le cessez-le-feu est « une étape importante », mais ce n’est aussi que le début du chemin vers « la création des conditions nécessaires à la reprise d’un processus de paix juste et global, basé sur la solution à deux États et l’établissement d’un État palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ». Le président égyptien a insisté sur le fait que la première étape « est la reconstruction ».

Le sommet avec l’Egypte arrive en effet à un moment exceptionnel. Le pays est un acteur clé pour garantir la stabilité au Moyen-Orient, après le cessez-le-feu à Gaza, mais aussi dans le reste de la région. L’UE considère le pays comme un allié clé en matière de sécurité. « Il s'agit d'un moment crucial pour toute la région méditerranéenne », a déclaré von der Leyen, soulignant l'importance du partenariat de l'UE avec l'Égypte.

Le premier sommet

Selon des sources communautaires, l'objectif du sommet est de renforcer les relations avec le pays et de maintenir un dialogue ouvert sur les questions de politique régionale et mondiale. Cela va des relations bilatérales entre l’Égypte et le bloc, par exemple sur les questions migratoires, et du bloc au rôle des Égyptiens dans les conflits ouverts dans la région.

En marge de la réunion, les parties ont signé des accords. L'un d'eux permettra de débloquer 4 milliards d'euros d'aide sous forme de prêts. Cet argent, selon des sources communautaires, devrait servir à « soutenir et accompagner les réformes économiques en Égypte afin d'atteindre la stabilité macroéconomique », ce qui encourage les investissements.

« Votre gouvernement, le président Al Sisi, s'est engagé dans un programme de réformes ambitieux. Avec ce paquet, nous soutenons et encourageons ces efforts », a déclaré von der Leyen, lors d'une conférence en marge du sommet. Des réformes qui devraient également servir à améliorer les relations commerciales avec le pays.

Selon les chiffres du Conseil, les échanges de marchandises entre l'UE et l'Égypte se sont élevés à 32,5 milliards d'euros en 2024. Avec un accord d'association en vigueur depuis vingt ans qui accorde un traitement préférentiel aux produits égyptiens, l'UE était l'année dernière le plus grand partenaire commercial de l'Égypte pour les marchandises.

L'Égypte a également officiellement rejoint ce mercredi le programme Horizon Europe, avec lequel elle aura accès au financement de projets de recherche et de développement. L'UE travaille également avec le pays pour renforcer sa coopération en matière énergétique, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, dans un contexte géopolitique de plus en plus complexe.

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