L'ancien avocat général de l'armée israélienne Yifat Tomer-Yerushalmi, assigné à résidence accusé d'avoir divulgué une vidéo dans laquelle on voit plusieurs geôliers israéliens maltraiter un prisonnier palestinien, a été admis ce dimanche à l'hôpital pour avoir ingéré des médicaments, selon la presse locale.
Il y a deux jours, un tribunal a placé Tomer-Yerushalmi en résidence surveillée pour dix jours, accusé de fraude, abus de confiance, abus de pouvoir, entrave à la justice et divulgation illégale de documents pour la fuite de la vidéo dans laquelle les geôliers de la prison de Sde Teiman (dans le désert du Néguev) auraient brutalement maltraité un prisonnier palestinien au cours de l'été 2024.
Selon les journaux Haaretz et Ynet, les services d'urgence se sont rendus au domicile de l'ancien procureur général après avoir été informés d'une surdose de drogue et l'ont emmenée dans un hôpital du centre d'Israël, mais elle a été retrouvée consciente et ses jours ne sont pas en danger.
La police israélienne a arrêté Tomer-Yerushalmi lundi 3 novembre, ainsi qu'un autre avocat militaire de haut rang, alors que l'on ne savait pas où il se trouvait et après des heures de recherches sur une plage du centre d'Israël où l'on craignait un suicide.
Son arrestation est due au fait qu'elle a avoué, dans sa lettre de démission après avoir été suspendue de ses fonctions, avoir divulgué la vidéo à la populaire chaîne d'information 12 l'été dernier.
Dans les images, on voit cinq soldats du camp de détention de Sde Teiman tirant un détenu à l'écart et l'entourant de boucliers anti-émeutes (pour empêcher la visibilité) alors qu'il serait sodomisé avec un objet pointu. Ils lui ont également cassé plusieurs côtes et lui ont administré des décharges électriques avec un Taser.
Ensuite, l'affaire a suscité le rejet d'une partie de la population, mais aussi une vague de soutien et de manifestations en sa faveur de la part de secteurs de droite, dont des ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
La victime a été renvoyée à Gaza pendant le cessez-le-feu actuel, sans qu'une déclaration ait été recueillie. Quatre des cinq accusés – tous en liberté en attendant leur procès – se sont présentés au palais de justice le jour même de l'arrestation de l'ancien procureur général, cagoulés, pour demander l'abandon des accusations, jugées en février dernier, de « agression collective aggravée et sabotage ».
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la fuite de la vidéo d'« attaque de propagande la plus grave » contre l'État d'Israël depuis sa création et a exigé une « enquête indépendante et impartiale » non pas sur les abus perpétrés, mais sur la manière dont la fuite s'est produite.