Le Conseil de sécurité de l'ONU approuve le plan de Trump pour Gaza

Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza bénéficie déjà du soutien des Nations Unies. Le Conseil de sécurité a approuvé ce lundi la résolution qui envisage la mise en place d'un gouvernement de transition pour la bande de Gaza et d'une force internationale de stabilisation et évoque la création d'un futur État palestinien.

Le plan de Trump a été mis en œuvre avec 13 voix pour, aucune contre et deux abstentions, de la part de la Russie et de la Chine. Moscou avait présenté un projet alternatif soulignant son engagement inébranlable en faveur de la solution à deux États, mais la Russie et la Chine ont décidé de ne pas user de leur droit de veto.

L'approbation est une victoire pour Trump, qui a célébré le résultat avec un message dans Truth Social, félicitant « le monde », se plaçant à l'épicentre avec une citation du « Conseil de paix » qu'il a rappelé qu'il présiderait et parlant d' »un moment aux proportions véritablement historiques ».

Son ambassadeur auprès de l'ONU, Mike Waltz, avait exhorté lors de la réunion précédant le vote à New York à ne pas s'opposer au texte, affirmant qu'un vote contre était « un vote pour retourner à la guerre », avertissant que la retarder « coûterait des vies ». « Cette proposition n’est pas une promesse papier, c’est une bouée de sauvetage », a déclaré Waltz.

moment pressant

La résolution proposée par les États-Unis visant à établir une force internationale de stabilisation pour Gaza est adoptée cinq semaines après qu'Israël et le Hamas ont accepté le cessez-le-feu de la Maison Blanche. Il sert à légitimer formellement les 20 points du « plan de paix » de Trump et à accorder un mandat de deux ans à la force internationale, qui devrait notamment être chargée de garantir le désarmement du Hamas et du reste des factions armées palestiniennes.

L’approbation de l’ONU intervient à un moment urgent, compte tenu du scepticisme croissant quant à la viabilité du plan de Trump. Sur le terrain, tout va très lentement. Israël n’a jusqu’à présent pas réussi à faire sa part en autorisant l’entrée à Gaza de 600 camions en moyenne par jour transportant de l’aide humanitaire, tandis que le Hamas n’a pas encore restitué les corps de trois otages décédés. Les deux mesures faisaient partie de la première phase du plan, la plus simple a priori. Et pendant ce temps, la population de la bande de Gaza continue de souffrir indescriptiblement. Les pluies torrentielles de ces derniers jours ont inondé les camps de personnes déplacées, faisant déborder également les réservoirs d'eaux usées, avec pour conséquence le risque de propagation de nouvelles maladies.

La résolution américaine a reçu le soutien des pays du Golfe, ainsi que de la France et du Royaume-Uni. Concernant la force de stabilisation, il soutient qu'elle devrait être chargée de protéger les civils, de sécuriser les frontières, de protéger l'entrée de l'aide humanitaire et de travailler à la « démilitarisation permanente des groupes armés non étatiques ». Washington souhaite que les pays arabes et musulmans fournissent l'essentiel du contingent et, selon plusieurs sources, aurait négocié avec l'Égypte, le Qatar, la Turquie, les Émirats, l'Indonésie et l'Azerbaïdjan. Mais pour l’instant, aucun d’entre eux n’a confirmé sa participation au contingent. Et Israël a opposé son veto à la participation de la Turquie.

Mandat pour le recours à la force

Le projet de résolution qui a commencé à circuler la semaine dernière indique que la nouvelle force sera en mesure d'utiliser « toutes les mesures nécessaires » pour mettre en œuvre son mandat, comme l'a rapporté Al Jazeera. C'est-à-dire la force armée. C’est l’un des aspects les plus délicats de la question, car peu de pays semblent disposés à affronter le Hamas et ses alliés s’ils ne veulent pas les désarmer complètement. Les islamistes ont réitéré qu’ils étaient uniquement disposés à abandonner leurs armes offensives, celles capables d’atteindre le territoire israélien.

La proposition américaine invite également les pays membres de l’ONU à rejoindre le « Conseil de paix » présidé par Trump qui aurait l’autorité ultime sur l’enclave et sa reconstruction. S'appuyant bien entendu sur un comité apolitique de technocrates palestiniens, chargé de mettre en œuvre leurs décisions. Ce point a également été rejeté par le Hamas et d’autres factions palestiniennes. Ce même lundi, ils ont publié une déclaration rejetant la résolution, qualifiée de « tentative dangereuse de placer Gaza sous tutelle internationale » et de porter atteinte au « droit à la résistance du peuple palestinien ».

Malgré le vote, on ne sait pas clairement qui composera le Conseil de la Paix, qui établit également le plan de Trump, ni quels seraient leurs pouvoirs. Celles-ci seraient transférées au gouvernement autonome palestinien lorsqu’il « aurait achevé de manière satisfaisante son programme de réformes », mais le texte approuvé ne détaille pas ces réformes.

Une voie vers l’État palestinien ?

Un autre point délicat de la résolution concerne la voie qu'elle envisage pour la création d'un État palestinien. Après de nombreuses pressions arabes, les États-Unis ont accepté d'inclure le texte dans l'avant-dernier point du plan de Trump, qui stipule que si l'Autorité palestinienne est réformée et que la reconstruction progresse, « les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible menant à l'autodétermination et à un État palestinien ». La formulation est extrêmement vague, mais elle a néanmoins soulevé une tempête au sein du gouvernement israélien.

Sous la pression de ses partenaires d'extrême droite, Benyamin Netanyahou a dû réitérer dimanche qu'il n'accepterait jamais un tel scénario, tandis qu'un de ses ministres a appelé ce lundi à « assassiner les dirigeants de l'Autorité palestinienne » si l'ONU soutient l'Etat palestinien dans la résolution.

Abonnez-vous pour continuer la lecture