Le gouvernement détecte une hausse des discours sur « l'islamisation de l'Espagne » à l'occasion du 12-O

L'Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie, dépendant du ministère de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, a détecté une augmentation des discours alarmants sur une prétendue « islamisation de l'Espagne », et en général de toute la culture occidentale, coïncidant avec la Fête nationale le week-end dernier. Comme indiqué dans son dernier rapport intitulé « Données contre canulars : démantèlement de l'islamophobie », dans la propagation des « canulars », la religion est souvent mêlée à la migration.

Les plus nombreux sont à « caractère islamophobe », notamment sur les réseaux sociaux et l’environnement numérique, mais aussi dans d’autres espaces publics. Parmi celles détaillées par l'observatoire, certaines se démarquent, comme « l'islamisation de l'Espagne est une menace directe pour la culture et les valeurs occidentales » ou encore que « l'Islam veut imposer la charia en Europe ». En collectant des données de l'INE, le rapport affirme que la majorité de la population étrangère est d'origine européenne (40% du total). Pour le reste, 28% sont Latinos et les Arabes représentent 18% du total.

Au cours du premier trimestre 2025, en particulier, les principales nationalités des migrants étaient colombiennes (39 800 arrivées en Espagne), marocaines (25 900), vénézuéliennes (25 000) et péruviennes (18 300). Tandis que le PP durcit son discours sur la migration, avec en ligne de mire l'aide sociale, le gouvernement souligne qu'il n'existe pas d'avantages spécifiques pour ce secteur de la population et que ceux qui existent incluent l'obligation de résidence légale.

En revanche, ils soulignent que les migrants ont un taux d'activité plus élevé (69,3%) que celui de la population espagnole (56,4%) et que leur participation est « vitale » dans certains secteurs. Dans les services domestiques, 7 personnes employées sur 10 sont des migrants (72 %), dans l'hôtellerie près d'une personne sur deux (45 %) et dans la construction et l'agriculture 32 % et 31 %, respectivement.

L'agence dépendant du Secrétariat des Migrations a également détecté un pic de 138.204 messages haineux sur les réseaux lors des émeutes racistes de Torre Pacheco en juillet dernier. Parmi eux, seuls 22 % ont été supprimés des plateformes. Dans le contexte de ces altercations provoquées par l’agression d’un retraité par des migrants, l’observatoire a procédé à un suivi spécifique à travers lequel il a fini par relier la montée des discours de haine à « l’escalade des tensions sociales dans la ville ».

Du côté de l'Exécutif, les positions anti-immigration du groupe dirigé par Santiago Abascal étaient directement responsables des événements de la ville de Murcie. Ensuite, il y a eu des concentrations appelées à travers les réseaux sociaux pour les soi-disant « chasses » aux immigrés.

La Garde civile a procédé à des arrestations liées aux promoteurs d'un groupe Telegram, appelé « Expulsez-les maintenant » – « Expulsez-les maintenant » en espagnol – qui publiait des messages xénophobes, appelant à « réunir avec Allah » les migrants de Torre Pacheco et les incitant à « rétablir l'ordre et défendre la patrie ». Par ailleurs, des patrouilles de quartier étaient appelées à « traquer les criminels maghrébins » durant ces journées.

Rapport sur la sécurité nationale

Dans le dernier rapport du Département de la Sécurité intérieure, correspondant à 2024, il met en garde contre la montée du « radicalisme d’extrême droite » à travers des « réseaux organisés » qui « propagent des idéologies nationalistes et xénophobes ». Les analystes ont souligné en particulier que « l’un des discours prédominants est le rejet de l’immigration, promu en grande partie à travers les réseaux sociaux ».

Le rapport du Département de la Sécurité intérieure qui fait état de la montée du « radicalisme d’extrême droite » conclut que, pour l’instant, celui-ci n’a pas conduit à la création de groupes ou d’organisations terroristes dans notre pays. Il s’est toutefois rendu compte que le terreau de « la polarisation sociale et de la radicalisation peut conduire à une dynamique violente qui aboutit à des actions violentes organisées ou constitue une menace terroriste ».

Abonnez-vous pour continuer la lecture