Une équipe de chercheurs a conçu le premier appareil portable créé pour mesurer les flatulences humaines : en suivant l'hydrogène dans les flatulences, l'appareil aide les scientifiques à mesurer la fréquence et la quantité de gaz émis par les gens. Cela ouvre également une nouvelle fenêtre pour mesurer le métabolisme microbien intestinal dans la vie quotidienne.
Des chercheurs de l’Université du Maryland, aux États-Unis, ont présenté dans une étude publiée dans la revue Biosensors and Bioelectronics :
Sous-vêtements intelligents : hydrogène et mesures en temps réel
Selon un communiqué de presse, le prototype utilise des capteurs électrochimiques qui détectent l'hydrogène, le gaz produit par les bactéries intestinales, et permet ainsi de suivre en temps réel quand et avec quelle intensité les microbes qui habitent le côlon fermentent.
L'étude combine des essais d'utilisabilité et des tests de réponse alimentaire contrôlés : dans une phase de laboratoire, les chercheurs ont administré aux participants des aliments avec et sans fibres fermentescibles (inuline), pour vérifier si le capteur captait les pics attendus de production d'hydrogène.
L’appareil a détecté ces variations avec une sensibilité de 94,7 %, ce qui suggère qu’il peut distinguer les changements alimentaires qui altèrent la fermentation microbienne.
Quantité de flatulences et microbiote intestinal
Sans aucun doute, le résultat le plus frappant est l'estimation du nombre de gaz par jour : l'étude révèle une moyenne de 32 épisodes par jour chez les adultes en bonne santé, soit environ le double du chiffre qui apparaît habituellement dans la littérature clinique basée sur des enquêtes et des procédures invasives.
Référence
Sous-vêtements intelligents : un nouveau portable pour la surveillance à long terme de la production de gaz microbiens intestinaux via les flatulences. Santiago Botasini et coll. Biocapteurs et bioélectronique : X (2025). DOI :https://doi.org/10.1016/j.biosx.2025.100699
Les auteurs préviennent cependant qu’il existe une grande variabilité individuelle, allant de seulement 4 épisodes à près de 60 gaz dans certains cas. Les scientifiques pensent que des mesures objectives de jour et de nuit corrigent le biais de sous-déclaration associé à la perception de soi.
Au-delà de la curiosité suscitée par le sujet, les spécialistes soulignent l'intérêt clinique et scientifique des nouveaux sous-vêtements intelligents. La capacité de mesurer en permanence la production d’hydrogène ouvre la possibilité de décrire les « plages normales » d’activité microbienne, de comprendre la réponse heure par heure aux changements de régime alimentaire et de faire la distinction entre les symptômes perçus et les signaux biologiques réels.