Le vieillissement progressif de la population de Zamora entraîne une augmentation des taux d'incidence et de prévalence du cancer qui doit s'accompagner du renforcement des ressources allouées à l'oncologie. Rien qu’au cours de ce siècle, 16 900 Zamorans sont morts de tumeurs, ce qui se traduit par près de 17 000 familles brisées par une maladie dont la recherche, la prévention et le traitement devraient être une priorité dans le système de santé universel. Mercredi dernier, dans le cadre de la célébration de la journée internationale de lutte contre ce fléau, les différentes associations de patients qui travaillent dans la province, au nombre de trois réparties sur tout le territoire, ont conspiré pour atteindre l'objectif de 70% de survie. Et la recette pour y parvenir, comme presque toujours, passe par une seule voie : l’investissement.
Au fil des années, Zamora est devenue la province où le taux d'incidence de cette maladie est le plus élevé de tout le pays. Les statistiques gérées par l'Association espagnole contre le cancer révèlent que chaque année, des tumeurs sont détectées chez 842 voisins pour 100 000 habitants. Ce chiffre brise une moyenne nationale de 597 personnes et révèle la vérité incontestable selon laquelle une population vieillissante est une population à risque exponentiel. Les projections suggèrent en effet qu’en 2050, après-demain, il y aura un millier d’habitants diagnostiqués chaque année.
Le Complexe de Soins de Zamora dispose d'un effectif de six oncologues, dont cinq assistants et un chef d'unité. Il y a un peu plus d'un mois, lors du dernier bilan des effectifs bio de Sacyl, il avait été conclu qu'il n'y aurait pas de renforcement de ce service car ce n'était pas nécessaire. Mauvaise idée. Selon les demandes des professionnels, il faudrait avoir entre deux et trois spécialistes supplémentaires pour pouvoir s'occuper de l'énorme volume de travail que soutiennent ces six départements pour desservir une population de 160 000 habitants.
Chaque année, 650 nouveaux patients en moyenne atteints de diverses pathologies oncologiques rejoignent le service, ce qui contribue à augmenter leur prévalence. Et cela ne fait qu'ajouter du poids à la pression des soins déjà élevée, avec des centaines de citoyens en traitement actif, en révisions, en interconsultations et en comités qui fatiguent encore davantage un personnel à la limite, avec des horaires de travail extraordinaires, en plus, pour alléger les listes.
L'année dernière, les dépistages d'office effectués par Sacyl à Zamora pour le diagnostic du cancer colorectal ont eu à peine 39% de participation parmi l'ensemble de la population mentionnée.
Cette Journée mondiale contre le cancer a été célébrée à un peu plus d'un mois des élections régionales, un contexte favorable pour revendiquer et fixer des priorités. Au cours des prochaines semaines, les candidats tiendront des réunions avec des organisations médicales, des syndicats de professionnels de la santé ainsi qu'avec des associations de patients et de familles, une occasion dont ils profiteront sans doute pour exiger ce réajustement à la hausse du personnel en oncologie qui permet une meilleure prise en charge des personnes souffrant d'une maladie qui est parmi les principales causes de décès dans la province selon les statistiques officielles de l'INE.
Or, le droit implique la responsabilité. Et on ne peut pas réclamer à grands cris le recrutement de personnel supplémentaire en oncologie tant que les lettres des tests de détection précoce ne sont pas ouvertes. L'année dernière, les dépistages d'office effectués par Sacyl à Zamora pour le diagnostic du cancer colorectal ont eu à peine 39% de participation parmi l'ensemble de la population mentionnée, et ce en tenant compte du fait qu'il s'agit de la troisième tumeur avec la plus forte incidence dans la province après le cancer de la prostate et du sein. Dans ce combat, prêcher est aussi important que donner du blé. La prévention est l'affaire de tous.
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